Philippe Tailliez

À la mémoire du Commandant Philippe Tailliez, Père de la Plongée sous-marine autonome

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Plongée dans l’histoire du dernier des « Mousquemers »

Hommage de "Généalogie Magazine"

lundi 16 février 2004

Il y a un peu plus d’un an disparaissait le dernier des « Mousquemers », le Cdt Philippe Tailliez, aîné du célèbre trio. Avec Frédéric Dumas [1] et Jacques-Yves Cousteau [2], il fut en effet l’un des pères fondateurs de la plongée sous-marine moderne.

Né le 15 Juin 1905, le commandant Philippe Tailliez fut de la promotion 1924 de l’École navale. Cofondateur et premier commandant du Groupe d’Etudes et de Recherches Sous-marine (GERS) de la Marine nationale en 1945, il fut aussi un des membres fondateurs de la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins (FFESSM) en 1948.

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Les Mousquemers en 1948

Le commandant Philippe Tailliez était à la fois un homme d’action, un sportif, mais aussi un visionnaire en forçant les portes du monde du silence. Pour lui rendre hommage dans "Généalogie Magazine", nous nous sommes plongés dans l’histoire de sa famille pour en remonter ses racines.

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Les origines géographiques des 16 quartiers
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Arbre généalogique simplifié

Les TAILLIEZ, famille artésienne

L’ancêtre le plus lointain localisé est Louis Roch Tailliez (n°64), né vers 1716 à Pont-à-Vendin, dans l’ancien comté de l’Artois. Qualifié dès 1743 de marchand épicier à Lille, il fû marié trois fois. Il a épousé en première noces dans l’église Sainte-Catherine de Lille le 30 avril 1743, Marie Barbe Joseph Marcoin. Veuf, il eut de sa deuxième épouse, Marie Joseph Bierlaire (n°65) au moins un fils, Louis Joseph Fortuné Tailliez (n°32), enfant porté sur les fonts baptismaux de Sainte-Catherine le 17 septembre 1762. Sa troisième épouse, Catherine Bello, lui a survecu. Louis Roch Tailliez (n°64) est en effet décédé le 29 octobre 1792 à Lille, il fut inhumé en présence de deux de ses fils. Louis Joseph Fortuné et Louis Joseph Tailliez.

Dentellière et Maîtresse d’école à Lille

Louis Joseph Fortuné Tailliez (n°32), de la paroisse Sainte-Catherine de Lille, a pris femme dans l’église Saint-Maurice de Lille le 13 avril 1790. Sa promise, Henriette Joseph Leleu (n°33), y a été baptisée vers 1768 ; agée alors de 27 ans, ses parents, Philippe Joseph Leleu (n°66), natif de la paroisse Saint-Maurice, et Marie Thérèse Deshay, native de la paroisse Saint-Etienne, sont tous deux décédés. Henriette Joseph Leleu (n°33) est qualifée de dentellière à son mariage en 1790, au décès de son mari en 1818 et à son décès en 1825. Par contre, au mariage de son fils, célébré en 1820, elle est dite maîtresse d’école.

Pierre Joseph Maillard, Boulanger à Lille

Fortuné Joseph Tailliez (n°16) est né le 20 mars 1795. Lorsqu’il se marie le 2 février 1820 à Lille, il est domicilié avec sa mère Henriette Joseph Leleu (n°33), rue Saint-Pavé. L’épouse, Camille Louise Maillard (n°17), née à Lille le 13 Juin 1798, demeure dans la même rue : elle est toutefois accompagnée de son père, Pierre Joseph Maillard (n°34), boulanger demeurant rue des Mannetins, sa mère, Marie Thérèse Delobelle (n°35) étant déjà décédée. Les futurs sont entourés de quatre amis, Joseph Brunnier, filtier, Antoine Joseph Cartignie, tailleur, Louis Cartignie, bonnetier, et Pierre Pacifique Delomme, fileur. La future et son père signent « Maillaird ».

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Tableau de la mortalité chez les Tailliez

Meyer de Roos, Marchand à Gand

Jules Désiré Tailliez (n°8) a légitimé par son mariage célébré le 20 Juin 1851 à Lille avec Anne de Roos (n°9), un enfant né le 28 Juin 1849 à Lille et prénommé Julien Maurice Tailliez (n°4). Jules Désiré Tailliez (n°8) s’est présenté le 29 Juin pour déclarer et reconnaître son fils né de la veille à 7 heures du matin. Le père comme la mère de l’enfant sont tous deux âgés de 19 ans. Lors de leur mariage, le futur est entouré de sa mère, tandis que la future a obtenu l’autorisation de son père, Meyer de Roos (n°18) alors marchand à Gand, acte rédigé chez Me Jules Lammont, notaire à la résidence de Gand. Sa mère, Rosalie Israel (n°19), est alors dite décédée à Lille. Il est de plus précisé que la future est domiciliée à Lille depuis plus de six mois ; l’acte de décès de la mère n’a pas été trouvé dans l’état civil de Lille. Les témoins au mariage sont trois amis, Louis Bernard et Henri Bernard, tous deux négociants, et Charles Louis Herman, rentier, et un cousin de l’époux, Camille Dufour, commis négociant, âgé de 31 ans.

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Dessin de Max Guérout
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Texte et écriture de Philippe Tailliez

En garnison à Lorient

Julien Maurice Tailliez (n°4) est employé de commerce à Lille lors de son mariage célébré en 1873. C’est pourtant à Bordeaux que naît Félix Charles Marie Joseph Tailliez (n°2) en 1875. Julien Maurice Tailliez (n°4) et Caroline Pauline Sautai (n°5) s’y sont en effet installés entre temps, plus précisément rue du Lormont en n°201. Puis la famille se retrouve à Wambrechies, dans le Nord, où est d’ailleurs domicilié Félix Charles Marie Joseph Tailliez (n°2) lors de son mariage, célébré à Lille le 24 Juin 1899, avec Céline Victoire Marie Charlotte Derache (n°3). En fait, la marié est en garnison à Lorient (Morbihan) et est autorisé à contracter mariage par décision de Monsieur le ministre de la Marine du 8 Juin. Il est accompagné de deux oncles maternels, Charles Sautai, propriétaire à Paris, âgé de 60 ans, et Félix Sautai, négociant à Lille, âgé de 53 ans.

Douanier à Essemberg, département de la Roër en 1811

Louis Félix Sautai (n°10) est le petit-fils du côté paternel de Jean Louis Sautai alias Sautay (n°40) et de Rose Hyacinthe Devillers (n°41), et du côté maternel de Jacques Clien (n°42) et de Marie Madeleine Duchange (n°43). Ces deux derniers sont décédés avant 1845 à Guise, dans le département de l’Aisne. En 1845, fut enregistré à Lille le décès de leur fille, Marie Madeleine Pélagie Clien (n°21), alors pensionnée des douanes de par le décès de son mari. En effet, Louis Paul Sautai (n°20) était de son vivant employé des douanes. Louis Félix Sautai (n°10), leur fils, est né à Essemberg, en Prusse, le 17 Janvier 1811. Essemberg dépendait de Clèves, siège de la direction des douanes ; Clèves fit partie du département de la Roër et fut rendue à la Prusse en 1814. Louis Félix Sautai (n°10) prit femme à Lille en 1845 et resta veuf en 1889. Il est tour à tour dit artiste, artiste professeur et artiste musicien.

Employé à la Recette Générale et Ecrivain

Les Vaitte alias Waitté sont, semble-t-il de Longwy-sur-le-Doubs, dans le Jura - écrit Louwy dans l’acte de décès de 1814 de Louis François Waitte (n°44). Ce dernier est, décédé à Lille le 3 Février 1814, comme concierge de la maison d’arrêt civil rue de la Comédie à Lille ; il est précisé qu’il est veuf en premières noces d’Anne Catherine Decroix (n°45), native de Lille et décédée à Douai, et qu’il est époux en secondes noces de Marie Agnès Lecq, âgée de 28 ans, native de Verbières, dans le Pas-de-Calais. De sa première union est né Brutus Désiré Vaitte (n°22) le 17 Juin 1798 à Lille ; celui-ci fut employé à la recette générale à Lille. Pourtant à son décès survenu à l’hospice Saint-Sauveur de Lille le 4 Novembre 1840, les déclarants le qualifient d’écrivain. Son épouse, Julie Jeanne Charlotte Gattebled (n°23) est native de Condé, dans le Nord.

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Tableau détaillé des ascendants de Philippe

En retraite à Tours

Julie Jeanne Charlotte Gattebled alias Wattebled (n°23) a vu le jour le 19 ventôse de l’an IV à Condé, tout au long de sa vie elle fut qualifiée de « rentière ». Lors du mariage célébré le 16 février 1824 à Lille, elle est dite domiciliée chez sa mère, Catherine Joseph Hennebuisse (n°47) à Lille depuis plusieurs années. Son père, Jean Jacques Emart Gattebled (n°46) est alors officier en retraite domicilié à Tours et il consent à son mariage par un acte notarié du 2 février 1824. Á la naissance de sa fille, Jean Jacques Emart Gattebled (n°46) est dit natif de Saint-Brieuc (écrit dans l’acte Saint-Brieux) et « sergent major au bataillon des Côtes-du-Nord » (actuellement les Côtes-d’Armor).

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Le Cdt Tailliez alors âgé de 90 ans

Me Deledicque, Notaire de Famille

Céline Victoire Marie Charlotte Derache (n°3), mère de Philippe Tailliez, est native de Lille (Nord). Elle est domiciliée au n°3, rue de Molière avec ses parents en 1899, année de son union avec Félix Charles Marie Joseph Tailliez (n°2). Le mariage fut réglé par un contrat passé par devant Me Deledicque, notaire à Lille, le 24 Juin, jour des noces. Elle est accompagnée de son grand-père maternel, Victor Quef (n°14), alors propriétaire à Lille, et de Paul Duquesnay, négociant à Lille, âgé de 27 ans, son beau-frère.

L’union de Charles Henri Dieudonné Derache (n°6) et de Victoire Céline Quef (n°7) à Lille le 24 septembre 1873 fut aussi précédée d’un contrat ; ce dernier fut passé par devant le même notaire, Me Deledicque, en date du 17 septembre. Bien que né à Neuve-Chapelle, dans le Pas-de-Calais, Charles Henri Dieudonné Derache (n°6) était installé à Lille depuis l’année 1866. Le futur est alors accompagné d’un cousin, filateur à Flers (Nord), Alfred Lesaffre, et d’un beau-frère, employé de banque à Lille, Henri Hubert ; la future, d’un oncle maternel, filateur à Lille, Jules Debieve, et d’un cousin paternel, employé de commerce, Charles Quef.

Un seul baptême à Frasnes en Belgique

Henri Joseph Derach (n°12) s’est marié à Neuve-Chapelle alors que son épouse, Marine Zénobie Josyn Loock (n°13) était de Locon, dans le Pas-de-Calais. Les Loock sont installés à Calonne-sur-la-Lys depuis au moins la première moitiée du XVIIIe siècle. Séraphin Etton Joseph Look (n°26), le père, et Pierre François Etton Loock (n°52), le grand-père, y sont nés le premier dans les années 1772, le second le 2 Juin 1737.

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La mobilité sociale chez les Tailliez

Séraphin Etton Joseph Loock (n°26) a épousé Marie Anne Joseph Catherine Leriche (n°27) qui est dite dans son acte de décès, rédigé le 23 septembre 1855 à Neuve-Chapelle, originaire de « Frasnes », dans les Ardennes. hors il n’existe pas de commune de ce nom dans le département des Ardennes. Par contre Frasne (sans « s ») est une commune de Belgique. Une vérification a été faite. Seul le baptême d’un enfant à Frasne-les-Couvin a été relevé. Il s’agit de celui de Charles Joseph Leriche en date du 6 Juin 1777, fils de Pierre Laurent Leriche, peintre, et de Marie Barbe Ansai (alias Ansay) - qui sont aussi les parents de Marie Anne Joseph Catherine Leriche (n°27). Son parrain est Charles Barré et sa marraine Henriette Robertine Charlier. C’est le seul enfant Leriche né à Frasne-les-Couvin. Une recherche dans les communes de Couvin, Cul-des-Sarts, Bossus et Diant n’a pas été plus concluante.

Précisions apportées par Lucien Gerard (Belgique) :

« Pierre Laurent LERICHE et Marie Barbe ANSAY se sont mariés à Couvin le 19 novembre 1768, trois de leurs enfants son baptisé à Couvin, Marie Anne Joseph, le 28/10/1769 (page registre 51), Pierre, le 14/01/1772 (page registre 57), Jean Baptiste joseph, le 21/02/1774 (page registre 124).

Frasnes-lez-Couvin s’écrit bien avec (S) et se situe à quelques 20 km de Rocroi dans les Ardennes française actuel. Mais à cette époque, il n’est pas impossible que Frasnes fut Française, Rocroy était sous-préfecture des Ardennes. »

Le Cdt Philippe Tailliez Franc-Comtois ?

Artiste musicien, écrivain, fonctionnaire et marchand, voilà ce qui a fait le commandant Philippe Tailliez. Bien que ses origines à la cinquième génération soient concentrées dans le Nord de la France, dans les régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie, qu’elles débordent tout juste sur la Belgique vers Frasne, en région Wallonne (commune supprimée en 1977 et rattachée à Couvin), et Gand, en région flamande, on constate des déplacements en Prusse, dans le Sud-Ouest de la France et la Bretagne, mouvements occasionnés par les métiers exercés. L’amorce de la recherche de la sixième génération nous laisse tout juste entrevoir un élargissement des berceaux dans le Jura, en Franche-Comté, et dans les Côtes-d’Armor, en Bretagne.

Myriam Provence - Généalogie Magazine N°232


Pour en savoir plus :
- "La plongée en scaphandre", coauteurs Ph. Tailliez, F.Dumas, J.Y. Cousteau, J. Alinat, F. Devilla, Ed. Elzevir, 1949.
- "La plongée", coauteurs Ph. Tailliez, F. Dumas, J.Y. Cousteau, J. alinat, F. Devilla, Ed Artheau, 1959.
- "Plongées sans câbles", Philippe Tailliez, Ed. Artheau, 1959.
- "Aquarius", Philippe Tailliez, Ed Artheau, 1961.

Pour télécharger la généalogie du commandant au format Heredis8 :
http://www.heredis.com/genealogie/genealogies-celebres/les-celebrites/philippe-tailliez.html (Genealogie Mag N°231).


[1Disparu en 1991

[2Disparu en 1997

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