Philippe Tailliez

À la mémoire du Commandant Philippe Tailliez, Père de la Plongée sous-marine autonome

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Philippe Tailliez, de la Marine nationale au Parc national de Port-Cros

jeudi 16 février 2017, par Nardo Vicente

Issu d’une famille qui possède ses attaches dans le Nord de la France, Philippe Tailliez était fils et frère d’officiers de marine. Né le 15 Juin 1905 à Malo les Bains, sa prime enfance précède la guerre de 14-18, une merveilleuse enfance dans une Bretagne encore très repliée sur elle-même, sur ses traditions. En Bretagne écrivait-il « comment savoir d’avance, au détour d’un chemin, si la mer va surgir ou la campagne continuer à s’étendre. Ainsi en est-il de mes souvenirs d’enfance où s’enchevêtrent ceux d’un petit garçon parfois solitaire dans la forêt, et grimpant aux arbres… quant à la natation, dès l’âge de sept ans, j’étais déjà dans l’eau aussi heureux et presque aussi à l’aise qu’un poisson. » (Tailliez, 1984).

Ainsi Philippe devint très vite un excellent nageur au contact de son père qui pratiquait toutes sortes de nages. Très vite, il s’intéresse aux techniques de la plongée en apnée utilisées par les polynésiens lors de leur pêche aux nacres perlières. Il s’entraîne comme eux à retenir sa respiration, et réalise d’honorables distances, en restant à quelques mètres sous la surface.

En première année de l’École navale à Brest en 1924, il faisait partie de l’équipe de natation et de water polo. Mais pourquoi avoir choisi la marine :
« par vocation peut-être, par amour de la mer sûrement, compagne de mon enfance, pour suivre les traces d’un père dont les récits de campagne en Extrême Orient et dans le Pacifique m’avaient beaucoup marqué » (Tailliez, 1984).

Ses permissions à l’École navale, Philippe Tailliez les passe à Cherbourg où son père est sous-directeur des Constructions et armes navales depuis 1921. Au cours de l’une d’elles, une rencontre l’impressionne, celle du Commandant Charcot déjà célèbre pour ses explorations en Antarctique à bord du « Français », et de son « Pourquoi pas ? » qui est en cours d’équipement à l’arsenal pour sa première campagne dans les eaux arctiques. C’est pour Philippe, une date importante, sa découverte de l’Océanographie.

Au cours de permissions dans la région toulonnaise, Philippe Tailliez découvre les Iles d’Or, naviguant à bord de canoës du Club Nautique de Toulon. Avec quelques amis, il peut observer ainsi les falaises du Cap Brun dont il explore à la nage les grottes. Muni d’une lampe torche, il s’y introduit dans le plus grand silence, et il rencontre là des phoques moines qu’il dérange dans leur sieste (Tailliez, 1973).

Il y avait encore des phoques moines dans la région toulonnaise et à Port-Cros, à cette époque. Chassés par les pêcheurs pour qui ils étaient de redoutables concurrents, ils ont disparu les uns après les autres.

En 1933, il embarque sur le « Commandant Teste », un transporteur d’avions, durant quatre ans, puis il devient Officier instructeur à bord du « Condorcet » et c’est à bord de ce navire, qu’au printemps 1937, il rencontre Jacques-Yves Cousteau. Philippe Tailliez écrit : « il avança vers moi : bonjour capitaine, Jacques-Yves Cousteau. Et moi Philippe Tailliez ». La conversation s’engagea et se poursuivit les jours suivants.

Entre deux jeunes officiers d’un même corps, cinq ans et un gallon de différence, cela compte mais n’empêche pas que très rapidement un climat de sympathie
croissante s’instaure entre eux (Frasson, 1984).

Les deux hommes se livrent alors à la chasse sous-marine sur les rivages varois où Cousteau possède une maison familiale à Sanary. C’est là qu’ils rencontrent Frédéric Dumas, un chasseur dont les exploits le long de la côte défrayent la chronique. Mais brutalement la guerre disperse la fraternelle équipe. Dumas, caporal muletier rejoint l’armée des Alpes, Cousteau officier canonnier sur le croiseur « Dupleix » rallie les forces de haute mer mises en alerte en Méditerranée. Quant à Philippe Tailliez, il embarque sur le contre-torpilleur « Valmy » à Bizerte.

En 1941, c’est le retour à Toulon, et la belle équipe peut se reconstituer. Cousteau est là sur son croiseur, et Dumas redescendu des Alpes est de nouveau à Sanary. Ils retrouvent leurs activités sous-marines, et c’est alors qu’ils tournent le film « par dix huit mètres de fond » qui remporte un succès éclatant au gala de l’aventure à Paris.

Il vaut à Cousteau une carte de réalisateur de cinéma, et l’autorisation de l’occupant de tourner des films dits « culturels » sur le littoral méditerranéen.

Un thème obsède Philippe et Jacques-Yves, depuis qu’ils ont vécu le sabordage de leurs navires en rade de Toulon, le 27 Novembre 1942. Ce thème c’est celui des épaves dont ils veulent faire un film. Mais pour plonger sur des épaves après les avoir trouvées, pour les visiter et les filmer, il manque toujours un scaphandre autonome suffisamment léger, et qui leur permette d’évoluer en toute sécurité, en toute aisance. Les deux hommes connaissent déjà pour l’avoir expérimenté eux-mêmes, le scaphandre autonome du Commandant Yves Le Prieur, réglementaire depuis peu dans la Marine. Entre le réservoir d’air à haute pression sanglé sur la poitrine, et le masque de plongée qui englobe le visage entier, il possède un détendeur, mais celui-ci n’est pas automatique, il faut changer son réglage à la main quand la profondeur augmente ou change.

Pourtant, dès la fin du XIXème siècle un ingénieur des Mines et un lieutenant de vaisseau, Rouquayrol et Denayrouse avaient déjà inventé un détendeur automatique. Cousteau, va le perfectionner à la faveur d’une rencontre à Paris, en pleine occupation allemande, avec un ingénieur de l’Air Liquide Emile Gagnan. Celui-ci a vu le premier film de Cousteau et Tailliez « par dix huit mètres de fond » tourné en 1942 autour de l’Ile des Embiez.

Gagnan a l’idée de miniaturiser le détendeur. Il est greffé entre bouteille d’air à haute pression, tuyau annelé et masque. Les premiers essais par Cousteau dans les eaux de la Marne s’avèrent concluants. Aussitôt, trois équipements complets sont réalisés en usine et arrivent en gare de Bandol au cours de l’Eté 1943. Le film Épaves est alors tourné durant l’Été et l’Automne 1943, en compagnie de gardes du corps allemands ou italiens mitraillette au poing, au cours de centaines de plongées sur une quinzaine d’épaves échelonnées le long du littoral, de Marseille à Cavalaire. Le film est projeté à Paris à la libération. Le Chef d’Etat-major général de la Marine y assiste. Très impressionné, il donne son accord à la mise en place dans l’arsenal de Toulon d’une Commission d’études dont feraient partie Tailliez, Cousteau et Dumas ayant pour mission de démontrer les services que l’on peut attendre du scaphandre Cousteau-Gagnan.

Ainsi nait l’équipe des « trois mousquemers de la plongée » selon l’appellation donnée à l’équipe par Philippe Tailliez.

Jacques-Yves Cousteau voue une grande admiration à Philippe Tailliez :
« Ce que je retiens aussi de cette merveilleuse époque, ce sont les conversations que nous avions après les plongées, les remarques que nous faisions. Nous voyions tous les trois d’une façon différente et, en confrontant ces visions, la lumière jaillissait ».

Il disait à Philippe :
« Nous regardions les formes, toi, tu regardais à travers les choses »
(Cousteau, 1985).

La Commission est promue en 1945 au grade de Groupe de Recherches Sous-marines (GRS) sous le commandement de Philippe Tailliez. La tâche de l’équipe est immense, pleine de risques : visites, expertises d’épaves, reconnaissance des champs de mines, pétardages, recherches et repêchage d’avions tombés en mer, essais de toutes sortes d’appareils utilisés par les nageurs de combat. Le GRS assure également la formation des marins, des gendarmes, mais aussi des océanographes à l’image du Professeur Drach, qui remontant l’échelle après une plongée le long d’une paroi rocheuse déclare à Philippe Tailliez, le visage encore illuminé :
« j’ai vécu cela, maintenant je peux mourir ! ».

Dès 1946, le GRS avec l’accord de la Marine se met au service de la spéléologie. Il s’agit de percer « la plus désolante énigme de l’hydraulique souterraine », la fontaine de Vaucluse. C’est autour du GRS de s’y attaquer ! Après de nombreuses tentatives périlleuses, où Philippe Tailliez faillit perdre la vie, le GRS doit renoncer, et l’énigme persistera encore longtemps.

Dès les débuts du GRS, une embarcation portuaire est mise à sa disposition. Son rayon d’action étant limité, en 1947, un navire de sauvetage « l’Albatros », la remplace. Il est rebaptisé « Ingénieur Elie Monnier » et le commandement en est confié au Lieutenant de Vaisseau Cousteau. L’Elie Monnier assistera la tentative du Professeur Auguste Piccard et du physicien Max Cosyns dans leur tentative de plongée au large de Dakar avec le bathyscaphe FNRS 2.

Pour Philippe Tailliez, le temps est venu de prendre le commandement d’un navire. C’est un tender d’aviation, le « Marcel Le Bihan », qu’il rejoint à l’Arsenal de Lorient. Il part pour l’Indochine où il prend part à de nombreuses opérations. Tailliez forme et commande la section d’intervention sous-marine de Saigon. Celle-ci est constamment aux prises avec les commandos de plongeurs nus vietnamiens dans les eaux noires et froides des rivières et des rechs.

De retour en France, Philippe Tailliez reprend le commandement du GRS devenu GERS (Groupe d’Etudes et de Recherches Sous-marines). Il deviendra plus tard le GISMER (Groupe d’Intervention Sous la Mer).

A partir de 1953, le GERS met tous ses moyens à la construction du bathyscaphe FNRS 3 qui avec le capitaine de Corvette Georges Houot et l’ingénieur Wilm descendra au large de Dakar à 4050 m de profondeur. Et c’est à l’Archimède, successeur du FNRS 3, dans le cadre du GISMER, qu’il a appartenu au début des années 60, de planter au plus profond des mers le pavillon de la découverte.

En 1955, nommé à un commandement des Forces maritimes du Rhin, Philippe Tailliez devient pour un temps marin d’eau douce. Mais il n’oublie pas la mer, la preuve en est sa rencontre, au lendemain d’une plongée « romantique » dans le gouffre de la Lorelei, avec un allemand, de cette race d’inventeur qu’il connaît bien : Heinz Sellner qui lui expose le principe d’un bathyscaphe à ballasts et à gaz, révolutionnaire. C’est « l’Aquarius » pour lequel, Philippe parvient à intéresser la Marine et la Commission d’Exploration des Océans (COMEXO) qui deviendra ultérieurement le CNEXO, puis l’IFREMER. (Tailliez, 1961).

Malgré 10 ans de démarches et d’efforts, ce projet ne pourra aller au-delà du stade des premiers essais, sans doute desservi à l’époque par le succès des bathyscaphes à ballasts à essence.

Après l’intermède aux bords du Rhin, Philippe Tailliez rallie Toulon. Sans affectation précise, il a tout loisir pour observer comment se porte la plongée dans la Marine, au-delà du GISMER où se poursuivent études et recherches. Une certaine centralisation apparaît nécessaire, à savoir la création d’une École de plongée. C’est la cause que plaide Philippe Tailliez auprès de l’État major général, et qu’il finit par emporter. Il sera le premier commandant de cette École, et ce sera son dernier poste, son dernier commandement dans la Marine, couronné pour lui par les travaux de relevage, en cent jours, de l’épave antique du « Titan », à la pointe Est de l’île du Levant. Ce fut une des fouilles pilote de l’archéologie sous-marine moderne. (Tailliez, 1960, 1973).

Elle sera suivie de beaucoup d’autres plus récentes, dans le cadre du GRAN, le Groupe de Recherches Archéologiques Navales créé par le Commandant Max Guérout, et dont Philippe Taillez deviendra Président. Il participera ainsi à l’âge de 75 ans, au relevage de l’épave du « Slava Rossii », vaisseau de la grand Catherine de Russie échoué sur la côte Est du Levant.

Octobre 1960, Philippe Tailliez quitte la Marine. Le jeune retraité, avec derrière lui 36 années de mer et de marine s’interroge, non sans incertitude et perplexité sur son avenir et celui des océans. Il a peur de s’ennuyer, mais au cours de ses plongées fréquentes le long du littoral en Provence, il se trouve aux premières loges en témoin angoissé pour observer la disparition, la dégradation sans cesse accélérée de la faune et de la flore. (Tailliez, 1973, 1984). Il dénonce l’Homo sapiens et technicus « d’autant moins épris de sapience qu’il est mieux nanti de technicité », et qui manifeste de moins en moins de respect envers la nature.

Il est résolu à se battre pour la défense de l’environnement marin. Priorité donnée donc à la sauvegarde, mais Philippe Tailliez a aussi en chantier depuis longtemps, plusieurs projets relevant de la technologie sous-marine, et notamment l’Aquarius dont il reprendra le projet, sans succès, durant une dizaine d’années : « les plus douloureuses de ma vie », écrit-il.

Le Président de la FFESSM (Fédération Française d’Études et de Sports Sous-Marins), lui propose alors de prendre la Direction de son Comité technique. Il accepte, et c’est pour lui le prolongement au plan civil de l’action qu’il avait conduite dans la Marine avec la mise en place de l’enseignement de la plongée en scaphandre autonome. Les mêmes activités lui sont ensuite proposées par la CMAS (Confédération Mondiale des Activités Subaquatiques). Parallèlement, il se consacre à la défense de ce littoral et de cette mer qu’il aime tant.

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Ph. Tailliez - plongeurs Démineurs et Françoise Lafargue
Port-Cros 1969.
(© Photo. J.-G. Harmelin)

Aidé par les plongeurs démineurs de la Marine Nationale (3° GPD), le Commandant Tailliez organise les premiers inventaires floristiques et faunistiques dans les eaux du Parc National de Port-Cros dont il fait partie du premier Comité Scientifique présidé par le Professeur René Molinier. Il a un profond respect pour ce professeur de botanique..., et il se lance à corps perdu dans la sauvegarde du milieu marin :

« Comment ne pas dire oui, un oui d’enthousiasme par sorte d’obligation morale, en témoignage d’amour et de fidélité quand me fut successivement offert, depuis l’archipel des Iles d’Hyères à celui des Embiez, en passant par l’aire toulonnaise, d’œuvrer pour la sauvegarde de leurs fonds marins au sein d’organismes scientifiques ? » (Tailliez, 1984)

C’est ainsi qu’il devient membre du Comité Scientifique du Parc national de Port-Cros, de l’Institut Océanographique Paul Ricard depuis sa genèse en 1966 et vice-président de la Commission extra-municipale Ecomair à Toulon à partir de 1973

« Trois appartenances à qui je dois l’honneur d’être au rang de ceux engagés dans ce combat difficile qu’est la défense des milieux naturels (TERRE, AIR, MER, T.A.M comme disent les militaires), et le mariage aussi, tantôt d’amour et tantôt de raison qui s’impose entre l’économie et l’écologie. » (Tailliez, 1984).

Roger Molinier, qui prolonge les travaux terrestres de son père en milieu marin lui succède à la tête du Comité scientifique, à l’initiative du Professeur Jean-Marie Pérès, Directeur de la Station Marine d’Endoume à Marseille, et membre fondateur de ce Comité scientifique. Jean-Marie Pérès dira à Philippe Tailliez lors d’un hommage qui lui était rendu : « vous avez eu une œuvre exceptionnelle parce qu’elle couvre toutes les facettes de la pénétration autonome de l’homme sous la mer » (Pérès, 1985).

Entouré de chercheurs de la Station Marine d’Endoume et des Universités, Philippe Tailliez initie et dirige les Missions Poseidon durant 20 ans (1964-1984).

« ...L’aventure merveilleuse se poursuit au sein de l’équipe Poséidon : une expérience humaine unique, exceptionnelle, qui réconcilie l’homme avec la nature et avec lui-même. » (Vicente, 1984).

Le concours traditionnellement apporté par la Marine en 3ème Région Maritime aux travaux et campagnes du Comité scientifique en milieu marin, se matérialise, à partir de l’Eté 1965, par la présence deux fois l’an, aux côtés des équipes de chercheurs et biologistes marins, d’une équipe de plongeurs démineurs opérant à partir d’une chaloupe équipée pour la Plongée, en autonomie de vivres, le seul couchage du personnel dans les locaux disponibles du Parc étant assuré par celui-ci. Ce solide appui marin et logistique a, manifestement facilité et accéléré, dans des proportions considérables l’œuvre de longue haleine que représente la réalisation d’un premier bio-inventaire des 1500 hectares de fonds marins du Parc national, en apportant un appréciable facteur de sécurité. La plongée en scaphandre à partir d’un bateau, plus encore que la plaisance, est soumise à fortune de mer. Tout facteur de sécurité en ce domaine, d’où qu’il vienne, est capital. Ce concours n’est d’ailleurs apporté par la Marine au Parc, que parce qu’il relève de la sauvegarde de l’environnement et, à ce titre, de directives générales rappelées et affirmées par le Chef d’État major général.

Durant ses dernières années, Philippe Tailliez s’investit dans un projet « Archipelaego », une compréhension spirituelle des Océans et de la place de l’homme dans son environnement. Ce projet est une philosophie qu’il voulait symboliser par un archipel flottant dans l’Océan Pacifique, au-delà des eaux territoriales, et du contrôle des Nations.

Tailliez entrevoit une structure permettant l’exploration sous-marine, et la construction d’habitats surplombés d’une tour recevant des satellites de communication, un lieu où les hommes de bonne volonté pourraient se retrouver disait-il : « selon un signe de ralliement : RAS, non pas rien à signaler, mais Religion, Art, Science ! » (communication personnelle, 1985).

« Un humanisme intégrant à la fois la mer et l’espace, un humanisme
planétaire et qui ne peut être que pétri, quelles que soient les appartenances,
d’énergie et de courage
 » (Tailliez, 1985).

En 1995, pour ses 90 ans, la Marine Nationale, l’Institut Océanographique Paul Ricard et Cinémarine s’associent pour réaliser le film « Mémoire d’un Mousquemer », en hommage au père de la plongée moderne. Philippe s’y livre totalement et ponctue le tournage par une plongée dans les eaux de Port-Cros (Frasson, 1995).

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Anniversaire Philippe Tailliez 1995 à Port-Cros

« Se jeter à l’eau, quitter la surface, se laisser couler mètre après mètre, à travers des eaux de plus en plus noires...de temps en temps, s’arrêter le long de la corde, allumer sa lampe, tous les sens en alerte, pour que le passé parfois, à force de le redire et de le balbutier, se prenne à revivre » (Tailliez, 1984).

Philippe Tailliez, le Poète, le Philosophe, l’Humaniste écrivait dans une langue admirable. Il n’a pu achever sa dernière œuvre et il s’en est allé le 26 Septembre 2002 rejoindre un « Océan d’incertitudes ».

« Plongeur, avance au bord de ta caverne, avance encore un peu, nage de tous tes membres, regarde parmi les ombres qui passent, si l’une d’elles s’accorde avec ton destin » (Philippe Tailliez, 1960).

« Je suis de ceux, qui essaient, leur vie durant, et j’ai tenu les rênes à ma manière, de mener de front les chevaux du rêve et de l’action. L’enthousiasme est la seule vertu ! » (Philippe Tailliez, 1985).

Nardo Vicente.


Voir en ligne : Source de l’article / Pac National de Port-Cros


Références

- ASTIER J.M., P.TAILLIEZ , 1978. - Impact des effluents du grand collecteur du Cap Sicié sur la vie des fonds marins. Observatoire de la Mer. 3 : 13-23.
- ASTIER J.M., P.TAILLIEZ, N.VICENTE, 1983. - Pour un plan d’occupation des fonds marins : estimation de la superficie d’herbiers de posidonies dans les eaux littorales des communes de la Ciotat à Ramatuelle. Vie mar., 5 : 63-73.
- COUSTEAU J.Y., 1985. - Hommage à Philippe Tailliez, pionnier de la plongée. Rev.Fond.Paul Ricard. 8 : 7-8.
- FRASSON C., 1984. - Philippe Tailliez pionnier de la plongée. Rev.Fond.Océano.Paul Ricard. 7 : 2-22.
- FRASSON C., 1995. - Philippe Tailliez, mémoire d’un Mousquemer. Océanorama. 24 : 37.
- PERES J.M, 1985.- Hommage à Philippe Tailliez, pionnier de la plongée. Rev.Fond.Océano.Paul Ricard. 8 : 6.
- TAILLIEZ P., 1960.- Nouvelles plongées sans câble, ed. Arthaud, 347 p.
- TAILLIEZ P., 1961. - Aquarius. ed. France Empire,366 p.
- TAILLIEZ P., 1973. - Plongée dans les îles d’Hyères...autrefois. Parc national terrestre et marin. S.O.S. Vie Nature Environnement, 7 : 17-22.
- TAILLIEZ P., 1984. - Tel un plongeur quittant la surface. Rev.Fond.Océano. Paul Ricard. 7 : 4.
- TAILLIEZ P., 1985. - Le projet Archipelaego. Rev.Fond.Océano.Paul Ricard. 8 : 13.
- VICENTE N., 1975. - Le Parc national de Port-Cros doit servir de base pour une protection active à grande échelle. Observatoire de la Mer. 2 : 20-24.
- VICENTE N., 1984. - « Homme de mer, poète et humaniste ». Rev.Fond.Océano.Paul Ricard. 7 : 17.

Œuvres littéraires et cinématographiques de Philippe Tailliez

Ouvrages
- La plongée en scaphandre, ed. Elzevir, 1949. Coauteur avec F. Dumas, J.Y. Cousteau, J. Alinat, F. Devilla. Premier manuel consacré à la plongée en scaphandre.
- La plongée, ed. Arthaud, 1959, par les mêmes auteurs.
- Plongée sans câbles, ed. Artaud, 1954. Prix Nautilus.
- Nouvelles plongées sans câbles, ed. Arthaud, 1960.
- Nouvelles plongées sans câbles (1943 à 1966) », ed. Arthaud, 1967.
- Aquarius, ed. France Empire, 1961. Prix de l’Académie de Marine.
- Plongée sans câbles, ed. Edisud, 1998.

Films
- Par 18 mètres de fond (1942), premier documentaire tourné sur la chasse sous-marine, en collaboration avec le Commandant Jacques-Yves Cousteau et Frédéric Dumas.
- Épaves, premier documentaire sur le monde sous-marin et la plongée en scaphandre autonome, en collaboration avec Jacques-Yves Cousteau et Frédéric Dumas.
- Paysages du silence, Une plongée du sous-marin Rubis, Autour d’un récif et Les phoques du Sahara, films tournés entre 1947 et 1950 en collaboration avec Jacques-Yves Cousteau et Frédéric Dumas.
- Mars et Neptune (1957), premier film documentaire sous-marin en couleur.
- L’épave du Titan (1957), relevage de l’épave antique du Titan.
- Naissance de l’Aquarius (1962), documentaire technique en collaboration avec Heinz Sellner.

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